Comment protéger le matériel photo du froid

Cet article s’intègre dans le cadre de La boite à photo. Il s’agit d’un projet collaboratifs qui réunit plus de 10 sites sur la photo. A chaque édition, un thème est choisit et chaque site partenaire publie un article sur ce thème. Pour cette quatrième édition, le thème choisis est l’hiver. Pour en savoir plus sur cet évènement et son fonctionnement, rendez-vous sur le site de Marc Charbonnier (site hôte de cette édition). Vous pouvez aussi suivre toutes les publications de la boite à photo sur Facebook et Twitter grâce aux pages qui lui sont dédiées.

Le thème de l’hiver est très large et les applications photographiques sont nombreuses. Sur ce sujet, je ne vous parlerai pas des problèmes de prises de vue (même s’il y en a) ni des photos que l’on peut espérer capturer en hiver. Je vais me concentrer sur un sujet plus pratique. Le matériel est particulièrement brutalisé par grand froid. Si vous pouvez vous cacher sous un manteau, l’appareil restera lui le nez au vent. Je vous propose donc d’explorer les contraintes techniques que l’on peut rencontrer quand on sort son appareil sous des températures très basses.

Le givre

Le givre apparaît lorsque les températures sont extrêmement basses (au moins en dessous de zéro). Il n’y a malheureusement pas beaucoup de solutions pour le contrer. S’il apparaît sur la lentille frontale, nettoyez la délicatement avec un microfibre propre. Ça va le dégager mais il va revenir. Surtout ne soufflez pas dessus car ça ne fera qu’empirer le phénomène.

Comme le trépied est souvent en dehors du sac, il est particulièrement exposé au problème du givre. Avec le froid, les graisses deviennent plus visqueuses, les matériaux se rétractent et le givre crée un effet « colle » en solidarisant entre elles les parties mobiles. Il y a donc un risque de gripper le mécanisme en le manipulant. Si ce n’est pas très grave pour un coulissant de pied (partie très robuste), c’est plus gênant pour une rotule (mécanique plus précis et plus fragile). En cas de grippage, la règle est simple: ne forcez pas où les dommages pourraient être irréversibles. Il suffit de laisser le pied de coté et il sera de nouveau opérationnel quand il repassera une température normale.

La neige

La neige, ça reste de l’eau ! Si l’appareil est en contact avec de la neige, il faut réagir très vite. Tant qu’elle reste solide, la neige n’est pas très gênante mais en fondant, l’eau risque de s’infiltrer dans les mécanismes et/ou dans l’électronique. Il faut donc l’essuyer rapidement sans attendre pour préserver l’appareil.

Le retour au chaud

Lors d’une séance dans le froid, l’appareil photo se met la température extérieur. Dès le retour dans une atmosphère chaude, le changement brusque de température fait apparaître de la buée. Une fine couche d’eau se dépose sur la surface de l’appareil encore froid. On peut voir cette buée sur les optiques mais ce n’est pas là qu’elle est le plus gênante  Elle peut se former l’intérieur du boitier or au cas o vous ne seriez pas au courant l’électronique et l’eau ne font pas très bon ménage…

Pour empêcher la buée de se déposer l’intérieur du boitier, il faut faire attention au choc thermique. Évitez de poser l’appareil près d’un radiateur juste après trois heures de photos dans la neige ! Concrètement  lorsque vous rentrez d’une séance photo dans le froid, ne sortez pas l’appareil de son sac tout de suite. Laissez le reposer au moins une heure dans son sac bien l’abri  Comme le sac est froids lui aussi, il va se réchauffer lentement. Le temps que le sac prenne la température de la pièce  ça permet l’appareil de monter tranquillement en température et de ne pas subir de choc.

La solution ?

En cas de pratique risque (neige, humidité,…), une solution simple consiste à utiliser un caisson étanche. Il ne protégera bien sur pas du froid mais réduira les problèmes d’humidité et de givre (le givre se déposera sur le caisson mais c’est moins grave…). Au passage le caisson offre une protection supplémentaire contre les chocs. Par temps froid, le caisson offre un avantage supplémentaire  il est muni d’un gros bouton pour déclencher. Ça permet de déclencher l’appareil même avec des gants, ce qui peut vous sauver une séance photo.

 

L’électronique n’aime pas le froid !

Le froid a tendance à ralentir les appareils électroniques. La carte mémoire risque de perdre en vitesse d’écriture et l’appareil d’être moins réactif. Mais l’organe le plus affecté reste la batterie. Même chargée bloc avant de sortir elle peut montrer des signes de faiblesse très rapidement si elle prend froid. Ce phénomène est réversible: une fois au chaud, la batterie reprendra sa capacité habituelle. Pour éviter de tomber en panne, il y a une solution toute simple: avoir deux batteries. Pour éviter qu’elle refroidisse, ne laissez pas la batterie de rechange dans le sac photo mais rangez-la dans une poche de votre pantalon. Près de vous, elle restera au chaud et sera apte prendre le relais quand la première sera gelée.

Conclusion

Posée en vrac comme ça, toutes ces explications peuvent être inquiétantes mais en faisant bien attention, les risques sont considérablement limités. Il ne faut pas que la peur d’abîmer votre matériel soit un frein à votre pratique de la photo (cette règle n’est pas valable que pour le froid d’ailleurs!). Maintenant à vous d’aller affronter le froid… Avouez que ce serait quand même dommage de ne pas immortaliser les paysages hivernales.

Un merci à Laurent Vaissade pour la création du logo de la boite à photo