Préparer un montage photo lors de la prise de vue

Il ne faut pas envisager la photo manipulation comme l’outil magique qui va faire de vos photos des œuvres d’art à chaque fois. La retouche numérique n’est pas une solution de secours: elle s’intègre complètement dans le flux de production photographique.

Définir le but

Le point de départ d’un montage photo est la question : qu’est-ce que je veux obtenir ? Si vous ne savez pas répondre à cette question, ce n’est pas la peine d’aller plus loin.

Pour la préparation, il peut être intéressant de faire un schéma rapide du résultat souhaité. Le dessin peut être une façon de construire l’image, de préparer la prise de vue. Si le montage est complexe, vous pouvez aussi faire des photos d’essais, chercher des images sur le web, chercher des textures,…

La méthode

Une fois le but en tête, il faut voir comment y arriver.

Pour cette étape, il n’y a pas de secret, il faut connaitre un logiciel de retouche. Pour trouver des infos, la meilleure solution est d’aller faire un tour sur le web: vous pourrez trouver des tutoriels de retouche photo un peu partout et en dernier recours, vous pouvez toujours poster votre demande sur un forum de graphisme (ou me demander via le formulaire de contact).

Souvent, il y a plusieurs façons d’obtenir le même résultat, il faut donc déterminer la méthode la plus simple pour vous.

Exemple: Je veux réaliser un effet d’invisibilité comme ceci:

Ce montage est le résultat de l’assemblage de deux photos mais il y a plusieurs façon de faire:

  • Une photo du personnage sur un fond quelconque et une photo du fond seul. Pour le montage, il faut détourer le personnage et le coller sur le fond.

  • Une photo du personnage devant le fond et une photo du fond prise dans les même conditions. Pour le montage, il faut superposer les deux photos puis de gommer le ventre du personnage.

La première solution est plus complexe d’un point de vue montage (ça demande un détourage entier du personnage) mais plus simple au niveau prise de vue. C’est l’inverse pour la deuxième solution.

Personnellement, j’ai choisi la seconde car je préfère passer plus de temps sur la prise de vue mais c’est un point de vue de photographe, un graphiste préfèrera surement l’autre.

La Prise de vue

Une fois que vous savez où aller, il est temps de passer à la photo en elle-même.

Pour faire un montage, il faut avoir un cliché le plus « propre » possible:

  • Résolution maximum de l’appareil,
  • Format JPEG le moins compressé ou format RAW si possible,
  • ISO bas pour limiter le bruit,
  • Soignez la mise au point pour avoir la netteté la plus haute possible.

Faites attention à la balance des blanc, même si elle peut être corrigée à la retouche, c’est toujours plus simple de le faire lors de la prise de vue.

Le système d’encodage des images numérique fait qu’il y a plus d’informations stockées pour les tons clairs que pour les tons sombres. Préférez donc une une légère surexposition car elle peut être rattrapée alors qu’une sous-exposition ne le pourra pas.

Enfin évitez les effets de l’appareil qui sont souvent destructifs (perte de qualité): noir et blanc, renforcement des contrastes, de la saturation… Ces réglages seront plus faciles à maitriser pendant la retouche.

Le montage

Arrive le moment fatidique du montage.

Le format de fichier

Tout comme la prise de vue, il est important de travailler avec un format de fichier qui provoque le moins de perte de qualité possible. Le mieux est d’utiliser le format de fichier natif du logiciel utilisé (psd pour Photoshop, xcf pour Gimp,…). En utilisant ce type de format, vous conservez tout votre travail avec tous les calques, les courbes, la transparence, les masques,… C’est l’idéal pour enregistrer un projet et y revenir plus tard.

Une fois que vous en avez fini avec vos modifications vous pourrez convertir votre fichier de travail (psd, xcf,…) en fichier d’échange (jpg, bmp, png, gif,…). La conversion doit absolument être la dernière étape car les formats d’échange standard (type jpg) sont des formats compressés donc avec une perte de qualité.

Sauvegardez souvent

Pour toute vos modifications, pensez à travailler sur une copie de la photo originale: en dernier recourt, vous pourrez toujours repartir à zéro du fichier original.

De même lorsque vous travaillez sur un calque, n’hésitez pas à le dupliquer pour en avoir une sauvegarde sous la main au cas où… Pensez à renommer systématiquement les calques pour ne pas vous perdre.

Note: Gimp reste un logiciel libre et il peut avoir des petit problèmes de stabilité donc pensez à sauvegarder fréquemment.

Un peu de finesse !

Attentions aux réglages extrêmes ! Ne vous laissez pas entrainer par les modifications abusives, une retouche subtile est toujours plus intéressante. Ayez toujours sous la main la photo originale et vérifiez que vos retouches ne l’ont pas trop dénaturé. Dans l’ensemble, il faut mieux appliquer deux fois un effet léger plutôt qu’un effet lourd.

Lorsque vous avez fini, ne vous débarrassez pas tout de suite de vos fichiers de travail. Vous pourriez avoir des surprises en revoyant le résultat quelques jours plus tard… il vous sera facile alors de retravailler ce qui ne va pas.

Conclusion

Beaucoup de conseils énoncés ici sont évidents mais il est important de toujours les garder en tête. La photo manipulation se prépare et est très éloignée d’une photo prise sur le vif: cela demande de la préparation et un peu de méthode…

  • J’adore la première photo !
    Pour les explications ça a l’air bien dit, mais j’avoue que je lirais plus tard lorsque je pourrais essayer la même à mon tour.

  • Nathalie

    Merci pour ces info ! J’avoue que je suis plutôt du genre montage avec des photos déjà existantes et prises ces dernières années mais il est vrai qu’aujourd’hui, depuis que j’ai découvert gimp, je réfléchis en sens contraire… Mais bon, j’avoue, je me lâche depuis l’ère numérique et je « mitraille » sans compter…
    Merci encore !

  • Deb

    Antoine,
    Tu as de drôle de mains ! Note qu’avec celles-là tu dois bien nager !