Comment choisir une carte mémoire ?

On se pose toujours des questions sur le choix de l’appareil, de l’objectif, du sac photo mais rarement sur la carte mémoire. C’est pourtant un composant essentiel qu’il faut choisir avec le plus grand soin. Vous ne le savez peut-être pas mais la carte mémoire de votre appareil peut brider certaines de ses fonctions.

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La vitesse

La vitesse d’une carte représente sa capacité à se remplir et se vider rapidement. La vitesse a un impact sur plusieurs choses:

Reste à savoir quelle vitesse il vous faut. Les vitesses sont organisées en classe: plus le numéro de la classe est grand et plus la vitesse est grande. (En gros une classe 2 va plus vite qu’une classe 1 mais moins qu’une classe 3… vous suivez ?).

Ne vous laissez pas avoir une classe trop élevée car ce n’est pas toujours nécessaire. Il faut voir en fonction de votre consommation. Dans la plupart des cas, une carte classe 6 fait très bien l’affaire. Elle permet d’être confortable en JPG comme en RAW et accepte même de la vidéo full HD (1080p) sans problème. Bien-sûr une classe 10 est plus rapide mais la différence ne sera pas flagrante (sans parler du surcoût qui peut être énorme).

La capacité

C’est souvent la première chose que l’on regarde sur une carte mémoire: la capacité. Une faible capacité peut être gênante pour des raisons évidentes de stockage. Si vous ne pouvez stocker que 20 photos par carte, ça risque d’être un peu lourd à gérer. A l’inverse, pas la peine de courir acheter la carte capable de stocker 5000 photos: vérifiez avant que vous en avez vraiment besoin. Si vous faites environ 2Go de photos par séance pas la peine d’en acheter une de 8Go.

Personnellement, je choisis mes cartes de façon à pouvoir stocker au moins 200 photos en résolution max (au format RAW). Avec ce critère, une carte de 4Go convient pour la plupart des appareils photos amateurs (vous pouvez même prendre une 8Go pour avoir de la marge). Ça reste un choix personnel. Si vous êtes un serial shooter et que vous ne pouvez pas vous empêcher de revenir d’une ballade d’une heure avec 1000 photos, rien ne vous empêche d’avoir plusieurs cartes (c’est même conseillé, voir ci dessous).

Enfin, pensez ne pas mettre tous vos œufs dans le même panier: préférez deux cartes de 4Go plutôt qu’une de 8Go. En doublant les supports de stockage vous réduisez d’autant le risque de perte d’information: si vous perdez une carte, vous ne perdez « que » la moitié de vos photos.

Certain appareils possèdent deux logements pour cartes (le Nikon D7000 par exemple). Avec toutes les photos en double, on peut complètement (ou presque) s’affranchir du risque créé par la défaillance d’une carte (principe que j’ai déjà traité pour sécuriser le stockage des photos à long terme).

La gestion

Tout comme les piles et batteries, les cartes mémoires demandent un minimum d’organisation.

Après chaque utilisation, pensez à toujours vider la carte mémoire sur votre ordinateur. De cette façon, votre carte sera déjà prête pour la prochaine séance. De temps en temps, formatez la complètement pour la « nettoyer ».

Parfois, une erreur dans le formatage peut rendre la carte illisible par l’appareil. Dans ce cas, il suffit de la formater à nouveau (sur un ordinateur). Pour cette raison, pensez à tester sur votre appareil une carte que vous venez de formater. Mieux vaut la tester tranquillement chez vous plutôt que de se retrouver bloqué sur le terrain en séance photo avec une carte illisible.

A l’usage, il est bon de pouvoir identifier une carte qui est déjà pleine. Personnellement, j’ai un truc très simple: j’utilise deux compartiments différents de mon sac photo: un qui contient les cartes vides et l’autre les cartes pleines. Ça permet de ne pas avoir à tester les cartes une par une pour savoir laquelle est prête à l’usage.

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Un compartiment identifié pour les cartes vides

La fiabilité

Une carte qui lâche, c’est toutes les photos qui sont perdues… Ce genre de mésaventure peut arriver. Il convient donc de faire très attention à la fiabilité de la carte. N’ayant pas de moyen de mesurer la fiabilité d’une carte, la seule solution que je peux vous conseiller est de vous orienter vers des marques qui ont fait leurs preuves (Kingston, Lexar et Scandisk pour les plus connues). Évitez donc les cartes sans marque trouvées au rabais sur le net. Les quelques économies réalisées à l’achat pourraient vous coûter cher à l’usage.

Dans l’ensemble, les constructeurs ont quand même fait de grandes avancées et les cartes mémoire sont, en dehors des mauvaises aventures individuelles, très fiables.

Pour plus de sécurité, pensez à décharger vos cartes mémoires dès que possible (et stocker tout sur un ou plusieurs disques: toujours ce même problème d’œuf et de panier !). Si une carte vous lâche avec 6 mois de photos dessus, ça risque d’être douloureux, alors autant essayer de minimiser ce risque !

Si une carte vous fait des misères (fichiers altérés, partie de la mémoire illisible, difficulté à être reconnu par l’ordinateur,…), c’est sûrement qu’elle est corrompue. Ne vous embarrassez pas avec, ne prenez pas le risque: ce sont vos futures photos qui risquent d’en souffrir.

Bilan

Cet article est un tour rapide sur les besoins en carte mémoire mais je pense que c’est suffisant pour vous guider dans vos choix et vos usages.

Pour résumer, la carte « idéale » est une carte de 4 ou 8Go de classe 6 ou plus. Une telle carte permet de couvrir tous les besoins « normaux » du photographe amateur. Ensuite si vous avez besoin de plus, les conseils de cet article restent valables et doivent vous orienter dans votre choix.

Article publié le 22 août 2013 (dernière révision le 23 octobre 2013) dans la categorie Ressource
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  • Merci pour ces judicieux conseils : Toujours aussi pertinents.

  • moi

    on aussi descendre le « lock » de la carte quand elle est pleine pour voir au 1er coup d’oeil

  • alain

    merci pour tes information toujours trés apprécier alain

  • p’titJo

    Bonsoir Antoine,
    Merci pour ces précieux conseils.

  • VAUBAN08

    Bonjour Antoine
    merci pou ces enseignements

  • Seca

    Des conseils de bon sens, même s’il aurait peut-être été judicieux de préciser à quoi correspondent les infos de classes qui remplacent les anciens débits en X (50x, 60x, etc.) pour normes de vitesses. Les x se référaient aux débits en lecture hérités du CD(1x étant 150 ko/s). Les classes se référent elles à des débit en écriture avec un minimal garanti: 6 Mo/s pour une classe 6, 8 pour une classe 8 etc. Et pour la vidéo il y a la norme UHS-I, qui, il me semble, garantissent elle les même débits en écriture continue (si l’appareil est compatible)

    Perso j’évite le formatage sur l’ordi, même si c’est plus long, je pense qu’il est préférable de le faire sur l’appareil qui va utiliser son propre système. J’ai déjà eu des soucis en passant par le PC, sans doute dus au différents formats de fichiers (FAT/Fat16/Exfat) utilisés par les standards successifs SD > SDHC > SDXC. Pour récupérer ma carte j’ai du recourir au logiciel Rescue Pro heureusement fourni avec les cartes estampillées pro de Sandisk (très efficace aussi pour récupérer les photos sur une carte formatée par erreur ou illisible). Dans le même ordre d’idée, gaffe au lecteur de carte. J’avais un lecteur un peu ancien qui ne reconnaissait pas les cartes SDXC ou ne voyait que 16 Go sur des cartes 32 Go. Problème réglé en achetant un modèle USB 3, par ailleurs bien plus rapide. Pour m’y retrouver je crée parfois des dossiers sur la carte dans l’appareil et change le préfixe des noms de fichier (par défaut DSC…pas très évocateur). Et de toute façon Lightroom me trie tout par date lors de l’importation…

    Perso j’utilise des cartes de 32 Go, surtout quand je pars en voyage, mais sans risques puisque j’ai une sauvegarde interne à l’appareil qui propose un mode miroir avec son double slot SD.

  • Seca

    Désolé pour l’orthographe du message précédent (on peut pas éditer ?), mais c’est lundi, et il est encore tôt 😉

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