Sauvegarder des photos en toute sécurité

Une pratique intensive de la photo s’accompagne d’un problème grandissant : le stockage des images. Enregistrer, trier, organiser,… tout ça vous savez faire mais il reste encore un soucis : comment conserver des photos sur le long terme en toute sécurité ? Comment éviter de se retrouver dans la situation où le crash d’un ordinateur s’accompagne de la perte de toutes vos images ?

C’est la question à laquelle nous allons essayer de répondre dans cet article.

Le support

Commençons tout de suite par débunker quelques fausses bonnes idées.

Nous avons bel et bien enterré les années 2000 : Les CD et autre DVD ne sont plus d’actualité pour une sauvegarde à long terme. On pourrait même affirmer qu’ils ne sont même plus d’actualité tout court mais ça c’est un autre sujet… Oubliez-les donc pour l’archivage. Les temps de gravure sont excessivement longs (même avec un graveur récent) et la durée de vie est très courte (passé deux ans, la récupération des données devient très peu fiable).

A moins de vouloir passer vos longues soirées d’hiver à graver des DVD, oubliez ce mode de conservation. A la rigueur vous pourriez utiliser des Blue-ray (la grande capacité de stockage offre plus de confort) mais encore faudrait-il avoir un graveur (très peu de PC sont équipés et ça ne vaut vraiment pas le coup d’en acheter un pour ça).

Une autre solution serait de se retourner vers la clef USB. C’est très simple à utiliser et il existe des clefs de grande capacité (32, 64 ou 128 Go). C’est une bonne idée sur le papier mais dans les faits une solution pas vraiment adaptée. De la même façon que les galettes, la durée de vie est trop fluctuante d’un modèle à l’autre (l’objectif reste de faire de la sauvegarde sur le long terme). Enfin même si les prix baissent sans arrêt, le prix au Go reste important. Le raisonnement est le même avec les cartes mémoire type carte SD. C’est un très bon support temporaire qui permet de transporter des fichiers d’un endroit à l’autre mais en aucun cas pour l’archivage sur le long terme.

Notre meilleur candidat reste le disque dur. Qu’il soit externe ou interne, simple ou double, local ou distant, c’est le plus fiable pour la conservation à long terme.

La sécurisation

Si je vous invite à privilégier le disque dur par rapport aux autres supports, ça ne veut pas dire que celui-ci est infaillible. Pour une sauvegarde sérieuse il faut même partir du postulat inverse : le disque dur n’est pas fiable.

La solution pour palier aux failles du disque dur est de dupliquer les données. En stockant tous vos fichiers sur deux disques distincts (en s’assurant qu’il ne s’agisse pas de deux partitions d’un même disque), vous vous pourrez récupérer vos images même en cas de panne d’un des deux.

Attention à bien faire la distinction entre « disque dur » et « partition ». Sur votre PC, vous pouvez voir apparaître plusieurs disques durs même si vous n’avez qu’un seul disque (physiquement monté dans le boîtier de l’ordinateur). Ce que vous voyez sont en fait des partitions d’un même disque physique. Avec des partitions, une panne mécanique empêche la récupération des données sur les deux partitions.

Concrètement

La façon la plus simple d’appliquer ce principe est d’utiliser un disque dur externe en complément du disque interne de votre ordinateur. Attention à bien conserver vos fichiers sur les deux supports. Le disque externe est un duplicata de votre ordinateur, il ne s’y substitut pas !

Le fait que le disque dur soit externe ne le rend pas invulnérable (c’est d’ailleurs exactement la même technologie qu’un disque interne), au contraire. En étant portable, il est plus soumis au risque de heurt ou de chute. Quelque précautions permettent de réduire le risque : conservez le disque dans un endroit sûr (attention aux températures extrêmes ou a l’humidité) et si vous pouvez, débranchez-le quand vous n’en avez pas besoin.

N’oubliez pas que c’est un outil d’archivage, pas de travail. Rien ne vous empêche d’en avoir un second pour les échanges quotidiens mais ne mélangez pas les deux. Si vous travaillez sur le disque d’archive, vous risquez les confusions entre les photos qui y sont stockées.

Même si le disque dur est un support fiable, il reste tout de même relativement fragile. Il craint les chocs, surtout quand il est en fonctionnement.

Pour faire les transferts de votre disque principal à celui dédié à la sauvegarde vous pouvez utiliser le bon vieux copier/coller mais il y a mieux. Il existe des logiciels dédiés à l’archivage qui s’occupent de la copie à votre place. Ils gèrent les mises à jour de fichiers, la copie intelligente, comparent les disques entre-eux et peuvent même prendre en compte une sauvegarde incrémentielle (conservations des différentes versions d’un fichier).

Des logiciels comme Time Machine pour Mac ou Acronis True pour Windows vous faciliteront la vie pour la gestion des sauvegardes. Vous pouvez aussi opter pour un disque réseau RAID qui va gérer les doublons à votre place de façon complètement transparente.

La copie écarte le problème technique (la probabilité que deux disques durs vous lâchent en même temps est infime) mais elle pose quelques problèmes… D’abord elle n’est pas automatique. Les premiers mois, vous allez probablement penser à faire vos sauvegardes régulièrement mais passé un certain temps elles risquent de s’espacer de plus en plus. Imaginez si votre ordinateur vous claque entre les mains alors que votre dernière sauvegarde date de deux mois !

Deuxième soucis : vos deux supports de sauvegarde sont eux-mêmes conservés géographiquement au même endroit. Je ne vous le souhaite pas mais un événement malheureux peut arriver. Une inondation, un dégât des eaux, un cambriolage, un incendie… ce sont des événements rarissimes mais qui peuvent endommager définitivement votre matériel. Les assurances couvrent ces dégâts mais pour les photos restent perdues…

Le stockage hors site

Vous avez compris où je veux en venir : il faut qu’une copie des photos soit conservée ailleurs que chez vous. Vous pouvez demander à une personne de confiance de garder un disque dur chez elle mais la logistique se complique légèrement. A intervalle régulier, il faut lui donner un disque à jour avec vos nouvelles images. Là encore il n’y a rien d’automatique et vous risquez rapidement de laisser de coté les sauvegarde.

Mais il y a une solution : le cloud (le nuage en français). Le terme est tendance mais la pratique existe depuis bien longtemps : le principe est de dupliquer vos photos sur un serveur distant. Avec une duplication hors site (comprenez en dehors de chez vous), vous écartez tous les risques liés aux dommages locaux tout en assurant une sauvegarde régulière. Même plus la peine de fermer la porte de chez vous en partant !

Le gros plus de cette solution est de pouvoir synchroniser deux ordinateurs (un PC de bureau et un portable par exemple). La plupart des offres permettent aussi d’avoir accès aux images depuis un téléphone ou une tablette. C’est intéressant car ces derniers ne brillent généralement pas par leur capacité de stockage et avoir accès à toute une photothèque en local est inenvisageable.

Les opérateurs de cloud sont face aux mêmes contraintes que vous pour la fiabilisation des données. Ils en assurent la pérennisation des fichiers avec des systèmes de duplication des données entre différents sites de stockage. L’avantage c’est que c’est complètement transparent pour l’utilisateur.

Les grands du web ont tous une offre Cloud. Amazon, Google Drive, Apple Icloud, Microsoft OneDrive,… vous trouverez forcément votre bonheur dans le lot. Il faut noter également la présence du français OVH (leader dans l’hébergement) via son service Hubic si vraiment vous ne voulez pas que vos photos passent les frontières.

Bilan

Cet article est l’occasion de reprendre les bases de l’archivage :

  1. Assurez-vous de la fiabilité du support (privilégiez le disque dur et prenez en soin !)
  2. Dupliquez vos données sur des supports différents
  3. Privilégiez l’archivage automatisé (pour ne pas avoir à y pensez et éviter les ratés)
  4. Privilégiez le stockage hors site (avec le cloud notamment)

Ces quatre principes sont des fondamentaux de l’archivage (valables pour tous les types de fichiers). Vous n’êtes pas obligé de tout suivre mais chaque étape vous assure un niveau de sécurisation supplémentaire. Si aujourd’hui vous êtes à 4/4 alors vous dormirez tranquille ce soir. Sinon…