Les formats d’image pour la photo numérique

Les logiciels de retouche sont capables de lire et d’enregistrer dans des dizaines de formats différents: jpg, tiff, psd, gif, png… Mais dans tout ce déballage, lequel choisir pour ses photos ?

Les formats les plus communs

Je ne vais pas faire le tour de tous les formats car il en existe des tonnes. Je vais surtout m’attarder sur les plus communs en photo.

RAW

J’ai déjà longuement parlé du RAW, je ne vais revenir sur ses spécificités. Je le cite ici car il rentre dans le flux de production photographique, mais notez que le format RAW n’est pas un format d’enregistrement. Quand vous retouchez un RAW, les modifications sont enregistrées dans un fichier séparé afin que le fichier original ne soit jamais dégradé. Très qualitatif, ce format n’est pas du tout un format d’échange car les fichiers sont très lourds et nécessitent des logiciels spécialisés.

JPG

De loin le format le plus répandu, c’est le format d’échange par excellence. Pas forcément avec la plus grande qualité, il a l’avantage d’être exploitable sur tous les supports. C’est le format le plus simple à exploiter car tous les logiciels sont capables de le lire. Il s’agit d’un format compressé (avec pertes) qui permet au choix de privilégier la qualité ou le poids du fichier. Par contre la simplicité a un prix: pas de gestion des calques ni de la transparence.

BMP

Il est loin le temps où MS Paint était la référence des logiciels de travail d’image ! A moins que votre ordinateur ai plus de 10 ans, passez votre chemin: le BMP est lourd et ne gère ni les calques, ni la transparence. Son avantage (tout de même) c’est qu’il s’agit d’un format non compressé et donc sans perte. Maigre avantage car d’autre formats permettent l’enregistrement sans perte mais sans la contrainte de poids… à oublier donc.

GIF

Format d’image un peu particulier car le nombre de couleurs est limité à 256. La palette de couleur n’est pas fixe mais personnalisable (les 256 couleurs sont au choix de l’utilisateur). 256 couleurs, c’est un peu juste pour faire de la photo… Par contre, le format GIF est très léger (justement grâce à la limitation du nombre de couleurs) et donc particulièrement adapté au web (c’est d’ailleurs pour ça qu’il a été inventé). Le GIF gère la transparence mais sur un seul niveau: c’est à dire qu’un pixel est transparent ou pas, il ne peut pas y avoir de nuance comme avec le format PNG par exemple. Le gros intérêt du GIF est de permettre la création d’animations simples, en dehors il n’est pas très utile pour la photo.

XCF

Format natif de Gimp, c’est un format qui permet de sauvegarder toutes les données d’une retouche en cours. Ce format permet d’enregistrer les calques, les masques, enfin tout ce qui concerne un projet de retouche. Relativement lourd, il permet de sauvegarder un travail de retouche pour revenir plus tard dessus. En aucun cas il ne s’agit d’un format d’échange car est peu pratique à utiliser (nécessite Gimp). L’équivalent pour Photoshop est le PSD, il se comporte de la même façon. Il est possible d’ouvrir des XCF dans Photoshop et des PSD dans Gimp mais la compatibilité n’est pas absolue alors des surprises peuvent apparaître…

PNG

Le PNG gère la transparence sur plusieurs niveaux grâce à un canal alpha, il est donc possible d’avoir des pixels semi-transparents (contrairement au GIF où c’est tout ou rien). Le gros avantage du PNG est qu’il gère la compression sans perte (réduction du poids du fichier sans perte de qualité d’image). En contrepartie, les fichiers sont plus lourds qu’avec du JPG.

TIFF

Le tiff est un format un peu à part car il est complètement paramétrable. Quand vous enregistrez en TIFF, vous pouvez choisir l’algorithme d’enregistrement que vous voulez: ainsi il est possible de compresser des images avec ou sans perte (ce qui impactera sur le poids du fichier et la qualité de l’image). Habituellement, on l’utilise pour manipuler des images à grande dynamique (où les couleurs sont codées sur plus de 8bits par canal). Ça permet de transférer une image d’un dérawtiseur vers un logiciel de retouche sans perte de qualité. Comme il est entièrement paramétrable aux choix de l’utilisateur, il existe une multitude de variantes de fichiers TIFF. Le revers de la personnalisation, c’est que tous les logiciels ne sont pas capables de lire tous les formats TIFF.

Recapitulons

Format RAW JPG BMP GIF XCF/PSD PNG TIFF
Compression non oui (1) non non (2) non oui oui
Transparence non non non oui (3) oui oui non
Qualité +++ ++ +++ + +++ +++ +++
Poids fichiers +++ ++ +++ + +++ ++ +++
Usage Web non oui non (4) oui non oui non
Animation non non non oui non (5) non non

Remarques:

  1. La compression des JPG entraîne une perte de données (et donc de qualité),
  2. Pas de compression pour le GIF mais il ne gère que 256 couleurs,
  3. Le GIF ne gère la transparence que sur un niveau (tout ou rien),
  4. Le BMP peut être utilisé sur le web mais c’est déconseillé à cause du trop gros poids des fichiers,
  5. Il est possible de faire des animations en XCF ou PSD mais ce n’est pas le but premier de ces formats.

Comment choisir ?

Chaque format a ses spécifications et ses contraintes. Il n’existe pas un format meilleur qu’un autre, chaque format dépend de l’usage que l’on veut faire de l’image.

  • Pour la retouche photo enregistrez vos projets en cours dans le format natif de votre outil de retouche (XCF ou PSD en fonction du logiciel que vous utilisez).
  • Pour le partage , préférez les formats JPG ou PNG. Ce dernier est un peu plus puissant (pas de perte à la compression) mais plus lourd. Notez que même si la compression en JPG entraîne une perte de qualité, avec un taux de compression assez haut (95% et plus) les pertes sont invisibles à l’oeil nu pour un gain en poids quand même non négligeable (voir l’article Réduire le poids de ses photos: taille et compression).
  • Les autres formats sont destinés à des usages plus spécialisés: le GIF pour l’animation, le TIFF pour le transfert entre logiciels,…

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  • Fanny

    Salut,
    Merci pour cet éclaircissement.
    Donc dans ton flux tu dérawtises en TIFF puis tu retouches, puis tu sauvegarde en JPEG pour exploitation (impression, partage …) ?
    Ou tu fait tout en JPEG une fois dérawtisé ?
    Merci pour ton aide !

  • Antoine

    @Fanny: Je préfère faire le transfert en TIFF entre le dérawtiseur et le logiciel de retouche. Après la retouche seulement je convertit en JPG.

  • Fanny

    OK merci pour ta réponse.
    L’étape retouche reste quand même un peu mystérieuse pour moi une fois que tu as corrigé la balance des blanc, le contraste et autres possibilités pendant la dérawtisation …

  • Antoine

    L’étape de retouche n’est pas obligatoire. Si tu es satisfaite du résultat après traitement du RAW, tu peux t’arrêter la et enregistrer en JPG.

    Par contre quand tu ne peux pas tout faire avec ton logiciel de traitement des RAW, il faut passer par un logiciel de retouche plus puissant.