Le trepied, l’accessoire indispensable du photographe

Vous ne le savez peut être pas encore mais votre meilleur ami est un trépied ! Bon d’accord sa conversation n’est pas la plus intéressante mais il saura répondre à vos besoins de photographe dans bien des situations. Dans cet article, nous allons faire le tour de la question en abordant quels cas nécessitent un trépied et comment choisir le bon trépied en fonction de vos usages.

Un ami stable

Le but premier du trépied est de stabiliser. C’est évident, mais ce qui l’est moins, ce sont toutes les applications qui en découlent.

Réduire le flou de mouvement

Le risque de flou augmente avec le temps de pose. Ainsi, une fois la fameuse vitesse de sécurité dépassée le besoin de trépied se fait sentir. Pour les poses très longues (de l’ordre de la seconde ou plus), le trépied est tout simplement indispensable.

Important: Si votre appareil propose une option de stabilisation d’image, pensez à la désactiver quand vous utilisez un trépied. En effet, le système de compensation des mouvements peut générer des vibrations  qui perturbent la prise de vue. Vous obtiendriez alors l’inverse de l’effet escompté.

Indirectement, le trépied permet d’augmenter la profondeur de champs. Cet usage est la conséquence du paragraphe précédent. Explications: pour augmenter la profondeur de champs, il faut réduire l’ouverture et compenser en augmentant le temps de pose. Donc pour augmenter la profondeur de champ sans risquer le flou, il faut combiner une faible ouverture avec l’utilisation du trépied. Donc pour augmenter la profondeur de champ, il faut un trépied. CQFD !

trepied-profondeur-champ

C’est particulièrement intéressant pour la macro où la faible profondeur de champ est problématique. La limite étant que ça ne s’applique qu’aux sujets immobiles. N’espérez pas photographier l’abeille en plein travail, le temps de placer le trépied, de choisir l’exposition et de faire la mise au point, elle sera déjà bien loin…

Effet spéciaux et fusion d’images

Pour réaliser certains traitements bien spéciaux, il faut avoir plusieurs clichés avec des cadrages identiques. Nous en avons déjà vu pas mal sur 1point2vue comme le HDR ou le clonage… Dans ces situations, l’utilisation d’un trépied est indispensable pour simplifier la phase d’alignement.

Le panoramique par assemblage est un cas particulier. On peut clairement se passer d’un trépied mais ce dernier facilite vraiment le travail car il est bien plus précis qu’une prise de vue à main levée. Il  permet notamment de faire des rotations correctes sans dériver vers le haut ou le bas. Pour encore plus de précision, il existe des têtes panoramiques pour supprimer complètement les défauts de parallaxe.

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Une tête panoramique

La tête panoramique permet un réglage très précis de la position de l’appareil afin de le faire tourner autour de son point nodal (centre optique de l’appareil). Ça évite les erreurs d’assemblage et les artefacts étranges qui apparaissent sur l’image dans les zones de recouvrements.

La fatigue

Le trépied n’est pas qu’un soutien moral, c’est aussi un soutien physique ! Un appareil peut être lourd et la fatigue peut rapidement se faire sentir. Lorsque vous devez attendre votre sujet, le trépied permet de se soulager les bras ! Ça peut paraître anodin mais c’est particulièrement utile pour la photo animalière où les temps d’attente en affût se comptent en heures… C’est d’autant plus vrai avec des téléobjectifs qui peuvent peser plusieurs kilos.

Et plein d’autre choses…

Beaucoup d’autres cas nécessitent un trépied:  l’autoportrait, la photo haute vitesse, la prises de vue à déclenchement programmé, le time lapse…

Quel trépied choisir ?

Vous l’aurez compris il vous faut un trépied. Mais le trépied universel n’existe pas. Chacune des pratiques que je viens de lister réclame un trépied mais ce n’est pas toujours le même. C’est en fonction de vos usages que vous devez choisir le bon matériel. Je ne vais pas faire le tour de tous les modèles car il y en a des tonnes mais il y a quelques grandes familles qui se démarquent.

Le trépied « classique »

Probablement le plus polyvalent, il vous accompagnera dans la plupart de vos aventures photographiques. Pour environ 30€ vous accédez au premier prix, un trépied qui mesure entre 60 et 150cm environ. Si c’est suffisant dans la plupart des cas, pour un usage intensif, il faut monter en gamme (plus précis, plus robuste, plus stable…) mais les prix peuvent très vite s’envoler.

Mini trépied

Moins de vingt centimètre de haut replié, il ne prend quasiment aucune place. A toujours laisser dans le sac photo: il peut servir en dépannage quand vous n’avez rien d’autre. Attention quand même à vérifier le poids admissible car il n’est pas toujours possible de faire tenir un reflex dessus (écrasement du trépied sous le poids ou basculement à prévoir !). Personnellement, j’en ai un que je garde dans le fond de mon sac photo qui m’a souvent dépanné. Là encore le premier prix est très abordable car on en trouve à moins de 20€. Pour les services rendus, il serait dommage de s’en priver.

Une variante de ce modèle est le trépied araignée (si quelqu’un a un terme plus juste je suis preneur). Ses pieds articulés lui permettent de se glisser partout et peut même s’enrouler autour de petit objets. C’est le 4×4 du trépied !

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Un mini trépied et son cousin araignée

Sac de haricot

C’est le trépied à la mode Mc Gyver. Le sac de haricot est une poche (légèrement plus grande qu’un gant de toilette) remplis de haricot (ou de n’importe quoi qui y ressemble: gravier ou sable peuvent également faire l’affaire). L’avantage de ce trépied, c’est qu’une fois vide, il ne prend aucune place. Vous pouvez le glisser dans n’importe quel sac et le remplir avec ce que vous trouvez sur place en cas de besoin. Il fera un très bon support pour tous les appareil, même équipé de gros objectif.

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Bien sur ce n’est pas vraiment un trépied mais il joue le rôle de stabilisateur. Son principal intérêt et qu’il n’y a pas de réglage. Vous avez de la stabilité sans aucune molette à serrer. Un changement d’angle de vue est instantané.

Monopode

Pourquoi avoir trois pieds quand on peut se contenter d’un seul ? Le monopode offre un compromis entre stabilisation et encombrement. Il permet notamment plus de confort dans les zones de forte affluence (foule, concert, événements publiques,…) où le trépied risque d’être gênant pour tout le monde. (Si vous doutez de son utilité focus-numerique a fait un très bon article sur le sujet).

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Quelques précautions sur le poids

Attention au poids: les reflex et les compacts peuvent se monter sur les mêmes trépieds mais n’ont pas du tout le même poids. Vérifier que votre trépied est capable de soutenir l’appareil. Je vous laisse imaginer ce que ça peut donner de laisser tomber un reflex de la hauteur d’un trépied…

Prenez garde également à la répartition du poids. Avec un objectif volumineux, le centre de gravité n’est pas centré sur le boîtier et il y a un risque de faire basculer l’appareil vers l’avant (d’ailleurs sur les plus gros téléobjectifs, le trépied se fixe directement sur l’objectif et non sur le boîtier).

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Un pas de vis est présent directement sur les gros objectifs

Pour éviter tout risque de basculement, lestez le trépied avec tout ce que vous trouvez autour de vous. Souvent, un crochet sous le mat central permet d’accrocher des poids (le sac photo fait très bien l’affaire).

Note: Le pas de vis d’un trépied n’est pas métrique (le standard en France et dans la plupart des autres pays) mais mesuré en pouce. Il existe deux tailles de vis: 1/4 de pouce (très largement le plus répandu) et le 3/8 de pouce (plus gros et moins répandu) mais vous pouvez passer de l’un a l’autre avec un adaptateur.

Bilan

Au travers de cet article, j’espère que je vous ai convaincu de l’intérêt du trépied. Pensez que comme tous les accessoires, il faut adapter votre choix en fonction de vos usages. C’est un investissement très rentable car les premiers prix sont très abordables pour un service rendu énorme !

  • Howen

    Je ne suis pas un grand spécialiste de la photo. Mais j’ai quand même commencé avec mon 1er réflex en ’64 et j’ai 70 balais aujourd’hui.
    J’apprécie ton site.
    Mais il y a un point sur lequel je suis en total désaccord si tu me le permets… C’est le trépied « miraculeux » à 30 €… Il sera juste bon pour fixer un flash en déporté. Rien de plus. Et encore : à l’intérieur !!!!
    Et aussi : le trépied, c’est une chose et la rotule est TOUT AUSSI importante !!!!
    Mais tout dépend de beaucoup de choses aussi : le matériel utilisé, les conditions dans lesquelles il sera utilisé, l’intensité de son usage, le poids qu’on acceptera de se trimballer…etc…
    Et THE flash universel qui peut tout faire, qui ne pèse rien, qui n’est pas cher… etc reste encore à inventer !!!!!!!!
    Bien cordialement,
    Howen

  • Fanchbras

    Un peu plus « jeune » de quatre ans que notre ami Howen, j’ai commencé la photo (argentique à l’époque) sérieusement en 1969. J’ai exercé professionnellement pendant quelques années.
    J’ai toujours utilisé un trépied du style dont parle Antoine jusqu’à l’année dernière (2015) où je viens seulement de m’équiper d’un trépied plus « lourd »…
    Plus de confort, oui ; mais plus de stabilité, non.
    Et pourtant, je suis en Bretagne dans une région où c’est quand il n’y a plus de vent que l’on se sent « tout drôle »…

    Je vais me permettre une recommandation :
    si vous recherchez une stabilité optimale, ne montez la colonne centrale que le moins possible ou encore mieux pas du tout.
    C’est quand on sort cette colonne centrale que la stabilité est le plus compromise. Et ceci quel que soit le trépied.

    Un trépied « entrée de gamme » bien lesté est aussi stable qu’un « lourd » non lesté.

    Ensuite, la durabilité, bien entendu est différente, chacun le comprendra bien. Encore que 2015 m’a vu acheter mon troisième trépied depuis 1969…

    Bonne année à toutes et à tous !

  • Nom vincent

    que du bonheur a vous lire merci

  • pierre

    Je viens de lire ton dernier, avec plaisir, en ce qui me concerne, j’ ai un
    VANGUARD, je m’en sert avec mon Nikon P520 et j’ avoue que l’ensemble me convient parfaitement, depuis un an et demi, un gros problème de santé a m’ obliger à ralentir mes activités ce explique que j’était moins présent sur internet.
    Pour en revenir à notre sujet, je reconnait que tu raison avant d’acheter n’importe quoi, l’important est de vérifier le volume de l’appareil photo par rapport au trépied.

  • @Howen : à 30€ il n’est pas miraculeux. Par contre il conviendra à bien des usages. J’en veux pour preuve celui que je traîne partout avec moi depuis des années.